Qui suis-je ? 

 

 

   

 Je suis née une fin d'automne 1981, un 4 décembre, une nuit de dernier quartier de lune. Enfant, j'étais plutôt méditative et contemplative, je passais du temps à jouer seule, à songer, à écrire des poèmes et à lire 3 livres par semaine. Je passais toutes mes vacances à la campagne, chez mes grands parents maternels et je suivais ma grand-mère arroser ses plantes et son potager, prendre soin des animaux restants de la ferme, nourrir les chats sauvages. Je me baignais dans le ruisseau du jardin s'ouvrant sur les bois et je contemplais les animaux et la nature. 

  A onze ans, un de mes oncles est décédé prématurément, c'était ma première rencontre avec la mort d'un être humain. 

Deux jours plus tard, celui-ci apparaissait d'un blanc translucide, serein, à côté de mon lit. Les adultes avaient beau me dire que les fantômes n'existaient pas, que je devais être perturbée par l'évènement, la présence de mon oncle à mon chevet ce soir là, n'en était pas moins réelle. Je n'ai jamais eu aucun doute sur son apparition et celle-ci est gravée en ma mémoire encore aujourd'hui. 

 

 

"De ce qu'on fait vous semble étrange, vous concluez qu'il n'est pas. Ce qui est puéril, c'est de se figurer qu'en se bandant les yeux devant l'inconnu, on supprime cet inconnu."  Victor Hugo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

D'autres expériences marquante avec le monde invisible ont fait parti de mon adolescence et je tirais également les cartes spontanément à mes quatorze ans. Cependant, mon entrée dans la vie d'adulte avec quatre années d'études de la philosophie à l'université, et trois années sur les bancs de l'Institut Régional du Travail Social pour obtenir le diplôme d'Educatrice Spécialisée, ont marqué un retour à un rapport au monde bien plus classique, ancré dans un cartésianisme sûr de lui-même et symptôme d'une culture occidentale matérialiste à l'extrême. Je me suis fermée à tout ce qui faisais parti de moi au plus profond. J'enchainais cependant de nombreux épisodes de mal-être et un passage dépressif sévère de plusieurs mois. Un manque de sens à ma vie, un sentiment constant d'être en décalage par rapport à autrui, une incapacité à trouver ma place et à être en phase avec moi-même. Mes nombreuses années de psychothérapie en tant qu'enfant puis en tant qu'adulte n'ont jamais transformé ce problème de fond et ce mal-être intérieur, même si elles m'ont permis d'y voir plus clair quand à mon histoire personnelle et les incidences de certains évènements de ma vie, dans certains blocages et incapacités que je vivais. Elles m'ont permise de comprendre mes schémas mais pas de m'en défaire.

 

NB: Les recherches des neuro-sciences montrent désormais que le traumatisme s'inscrit dans le corps et que c'est un travail autour du système nerveux qui permet de s'en libérer. Un travail sur un plan mental seul et en l'envisageant comme un processus psychologique est insuffisant. Le traumatisme est avant tout un mécanisme physiologique qui est inscrit dans le corps. Les blessures d'enfance affectent également notre cerveau surtout si elles ont lieu a des moments spécifiques de notre développement. C'est en utilisant la neurosplasticité du cerveau (sa capacité à toujours se transformer) qu'on peut réorganiser nos circuits cérébraux defectueux. La méditation le permet. 

   

     

 

  Ce qui constituait ma nature profonde a cependant refait surface après  et près un mois et demi de voyage en Thaïlande seule, en 2013.  Je me suis inscrite à mon retour dans une école de yoga dans laquelle je suis restée 7 ans. J'ai cessé de travaillé pendant un an et je me suis intégralement consacrée à cette activité et à la méditation. Mon rapport au monde a changé et rapidement, ce qui existait en moi s'est réveillé. La médiumnité est réapparue mais également de nombreuses visions d'animaux, de plantes, de mondes parallèles en méditation. Progressivement, je ressentais aussi un allégement de certaines de mes souffrances, je commençais à m'apaiser et me sentir plus à ma place en ce monde. Je commençais à ressentir de réels états de bien-être. 

 

 

  Pour autant, de grands cataclysmes bouleversaient ma vie chaque année et m'affectait profondément. Je perdais parallèlement six personnes de ma famille en six ans (le cycle avait commencé deux années avant mon inscription au yoga.) Je vivais également une relation amoureuse déstabilisante et violente. Mon corps m'a envoyé plusieurs signaux, que j'ai nié, jusqu'à ce que je souffre d'une maladie inflammatoire chronique du système digestif, qui déjà peu optimal, a cessé de fonctionner complétement. Fatigue chronique, crampes dans tout le corps, sang dans la bouche, perte de cheveux, ventre de femme enceinte après chaque repas, selles jamais normales.